Indigènes et pensions alignées
Rachid Bouchareb et Jean Bréhat (3B Production), ont galéré pour aligner les fonds et le réaliser.
« On a emmerdé la terre entière ! » confia J. Bréhat.
Les acteurs, des patrons, des hommes politiques et des collectivités s’impliquèrent. Le roi du Maroc Mohammed VI mit même à disposition la région de Ouarzazate, 500 soldats, des avions et des bateaux.
Le 28 mai, le Festival de Cannes décerna le prix d'interprétation masculine à titre collectif à Sami Bouajila, Samy Naceri, Bernard Blancan, Jamel Debbouze et Roschdy Zem.
Le succès médiatique était amorcé !

La loi de cristallisation de 1959 avait gelé ces pensions sous le gouvernement de Charles De Gaulle.
L’ancien combattant originaire des colonies d'Afrique ou d'Asie a une somme dix à vingt fois plus faible que celle d’un Français. Il perçoit 66 à 150 euros par trimestre.
Le colonel Issa Ongoïba, président de l'Association des anciens combattants du Mali, expliqua : « Nous avons combattu au coude à coude avec les Français, et aujourd'hui nous n'avons pas le même traitement qu'eux ... Les balles ennemies ne choisissaient pas les corps des Blancs ou des Noirs. »
En 1996, Amadou Diop avait porté plainte contre l'État français car il ne percevait qu'un tiers de la retraite d’un vétéran Français. Cet ancien sergent-chef sénégalais, engagé dans l'armée française de 1937 à 1959, avait été radié au moment de l'indépendance du Sénégal.
En 2001, le Conseil d'Etat avait aligné le gouvernement français pour discrimination fondée sur la nationalité et donc violation de la Convention européenne des droits de l'Homme.
Il donna raison à Amadou Diop, à titre posthume. Il jugea qu'un « ancien combattant de l'ex-Empire colonial français devait bénéficier des mêmes droits qu'un citoyen français en matière de pension militaire. »
L' arrêt du Conseil d'État imposa la révision de la loi de cristallisation. Jacques Chirac était alors chef de l’Etat. Pendant cinq ans, le gouvernement français fut réticent : les pensions furent seulement revalorisées en fonction du niveau de vie du pays d'origine des anciens tirailleurs.
Le 5 septembre 2006, la Fondation Georges-Pompidou projeta le film aux grands patrons et aux politiques, en présence de Jacques Chirac. Ce jour-là, le chef de l’Elysée promit de soutenir « l'appel pour l'égalité des droits entre combattants français et étrangers ».
Il a déclaré dernièrement en conseil des ministres : « Nous le devions à ces hommes, qui ont payé le prix du sang, et à leurs enfants et petits-enfants dont beaucoup sont Français. » Hamlaoui Mékachéra, le ministre délégué aux Anciens combattants, a confirmé : « Il n'y aura plus de différence dans ces deux prestations, que sont la retraite des combattants et la pension d'invalidité, entre les ressortissants de ces pays et les nationaux français. »
84 000 anciens combattants de l'ex-Empire colonial français pourront bénéficier de cette revalorisation.
Alors pourquoi le Président a-t-il attendu tant d’années pour prendre cette décision ?
Les journaux décrivent l’émotion du chef de l’Etat après la projection et nous content des belles histoires ...
En fait les présidentielles se profilent à l’horizon 2007 et les promesses des politiques engrangent les voix !
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