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mercredi, avril 18, 2007

Course aux gratte-ciel

Le premier gratte-ciel s’éleva en 1885 à Chicago, dans le centre récemment incendié. Le Home Insurance Building pouvait faire face au prix élevé du terrain. Le développement de l'acier, du béton armé, des pompes à eau et de l'ascenseur permirent une nouvelle approche architecturale.

Le Home Insurance Building

Ce bâtiment fonctionnel fut ensuite en quête d’esthétique et de prestige au XXe siècle. Des idées artistiques innovantes donnèrent naissance à l’Art Déco, dès les années 20. A New York, j’ai vu le Chrysler Building et j’ai aimé cet édifice qui fut le plus haut pendant 40 ans.

Actuellement les architectes prônent l’originalité et ne sont plus prisonniers d’un style architectural. La Tour Agbar de Barcelone m’a surprise. La façade entièrement vitrée des nouveaux gratte-ciel offrent, grâce à un feuilletage, des effets de couleurs et de réfléchissements qui améliorent l’esthétique.

De nouvelles techniques et de nouveaux matériaux permettent aux architectes ambitieux d'imaginer des gratte-ciel de plus en plus élevés dont la renommée augmente avec la hauteur.
Après la destruction World Trade Center, du haut de l’Empire State Building, j'ai mesuré l’étendue de la ville new-yorkaise, qui s’étirait aussi vers le ciel.
Aujourd'hui, les tours atteignent 500 m mais certains projets envisagent des constructions plus hautes. La BAF 2016 de Buenos Aires, conçue par l'architecte Julio Torcello, dépassera 1000 mètres. La Bionic Tower, haute de 1228 mètres, sera contruite sur une île artificielle de Shanghaï. La
Tour Bionique installera des bureaux et des commerces dans ses 300 étages. Autour, 12 colonnes abriteront les logements des habitants de cette ville verticale.

La BAF 2016 de Buenos Aires et La Tour Bionique de Shanghaï











En haut de l’édifice, l’homme jouit d’une superbe vue mais le vent et la pression atmosphérique l’obligent à condamner et à isoler ses fenêtres. Seules les salles proches des fenêtres bénéficient d’un éclairage naturel. L'organisation méthodique des ascenseurs doit déplacer de nombreuses personnes en un temps réduit. L’entretien est compliqué : vitres nettoyées avec des systèmes automatiques, déchets évacués avec des ascenseurs …

Les zones restreintes exigent un développement urbain vertical.
Aujourd’hui, les architectes se penchent sur la qualité de la vie à l’intérieur. L’air, l’ensoleillement, la redéfinition des espaces sont les nouveaux enjeux du XXIe siècle.
Dans cette implacable course à la hauteur, l’homme ne se coupe-t-il pas irrémédiablement de lui-même et de la nature ?

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lundi, avril 16, 2007

Bureaux féminins et masculins

On sait depuis longtemps que les mains sales des consommateurs transforment les cacahuètes des bars en bouillons de culture.

Une étude américaine, commandée en 2004 par Clorox, affirmait que les bureaux portaient 400 fois plus de germes que la cuvette des toilettes ! Parmi ces hôtes, elle observait le staphylocoque doré, réputé pour sa virulence.

Il existe une arme simple et efficace pour éviter toute panique : se laver régulièrement les mains et nettoyer le matériel.

Mais un rapport de l’université de microbiologie de l’Arizona a donné le coup de grâce !
En 2007, pour une
nouvelle étude financée par Clorox, le professeur Charles Gerba a examiné plus de 100 bureaux de l’UA campus, à New York, à Los Angeles, à San Francisco, dans l'Orégon et à Washington.
Il a comparé les bureaux masculins et féminins, sans oublier de vérifier les téléphones, les claviers, les objets personnels et les tiroirs.
Le verdict est sans appel ! Ceux des femmes ont trois à quatre fois plus de bactéries que ceux des hommes.
Ch.Gerba explique ce constat : « Les femmes ont plus d'interactions avec les jeunes enfants et rangent la nourriture dans leurs bureaux. L'autre problème est le maquillage. » Elles y placent fréquemment des produits cosmétiques.
Le scientifique conseille d’utiliser régulièrement un nettoyant anti-bactérien pour les mains et des chiffons désinfectants pour le matériel. Comme par hasard, Clorox fournit ces produits !

Pourtant ce n’est pas chez les femmes, que l’on observe les germes les plus néfastes. Ces derniers se nichent dans l'assistant digital personnel des messieurs, mais surtout dans les portefeuilles que les hommes placent soigneusement dans leur poche arrière, chaude et fermée. Là, les remèdes posent plus de problèmes !

De toute façon l'être humain grouille de microbes. Ne tombons pas dans la paranoïa !

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dimanche, avril 08, 2007

Début du tourisme balnéaire rochelais










Avant hier, je me promenais le long du Mail, une des plus belles promenades de La Rochelle. Ce long boulingrin de 800 m, bordé d’arbres et de demeures anciennes, part de la plage de la Concurrence et longe le casino.

En 1828, cette maison de jeux n’existait pas. En ce lieu, «les Bains de Marie-Thérèse», premier établissement de bains rochelais, développaient le tourisme balnéaire des classes aisées avides d’embruns iodés.

Bains de Marie-Thérèse

Puis en 1850, la ville aménagea à côté une plage publique où les bains "Louise" et "Barreau" installèrent leurs cabines.
Près de cette « plage de la Concurrence », le café municipal « la Pergola » restaura par la suite les promeneurs moins fortunés.

Dès 1896, les actionnaires cédèrent les bains privés au parisien M. Chasseboeuf qui éleva un hôtel avec parc pour satisfaire sa clientèle. Comme le jeu de petits chevaux à tableaux venait d'être autorisé, il monta un cercle de jeu qui excluait les jeux de hasard à l'exception du baccara.

En 1901, les Bains du Mail

En 1901, les Bains du Mail furent rachetés par la ville pour 180 000 F et devinrent le casino municipal. Une salle de théâtre et un pavillon de bains de mer chauds s’y ajoutèrent dès 1907. Quatre ans plus tard, le whist, le bridge, le besigul et le piquet furent mis en vigueur.
Pendant la Première Guerre mondiale, le casino fut fermé puis réquisitionné par l'armée américaine pour abriter les rendez-vous galants de ses officiers.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande le transforma en hôpital militaire. Un tunnel permettait même de transférer les malades vers le blockhaus du parc du Mail, en cas d'alerte. Quand la paix revint, le casino reprit ses anciennes fonctions.

Après la guerre, la plage de la Concurrence ne nuisait pas à sa clientèle malgré la proximité mais les égouts de la ville se déversaient non loin.

La plage de la Concurrence en 1910 puis en 1955








Bernard Giraudeau s’y baigna maintes fois : « J'ai passé toute mon enfance sur cette plage délicieuse et désuète qui se trouve au-delà de la tour de la Lanterne. C'est sur ce sable, encadré par une énorme digue et par la promenade de la Concurrence que je regardais passer les bateaux du port. Elle est souvent bondée, c'est là que les gens viennent paresser entre midi et 2 heures. »
La Pergola, rehaussée d’un étage, fut ensuite détruite.

Actuellement, la nouvelle construction abrite une brasserie et le célèbre restaurant de Richard Coutanceau.
Comme autrefois, les classes sociales se côtoient dans ces lieux mais ne se mélangent guère.

La plage de la Concurrence en 2007

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mercredi, avril 04, 2007

Circuler dans La Rochelle

La photo mystère de Tizel offrait une superbe photo du port de La Rochelle.
Il y a quelques jours, je me promenais au pied de la tour Saint-Nicolas. Je photographiais l’alignement la tour des Quatre sergents lorsque le passeur électrique est passé. J’ai alors mesuré l’évolution des transports de cette agglomération depuis deux décennies.

La municipalité veut désengorger le centre ville.
Depuis 2004, le plan de circulation de la ville a été entièrement revu pour dissuader les automobilistes de s’y rendre. Les futurs aménagements devraient faciliter le stationnement en amont des anciens remparts.

Le Plan des Déplacements Urbains ou PDU cherche à encourager divers types de transports puisque les rues étroites du centre historique ne sont guère adaptées à la hausse du trafic automobile.
Le bus de mer assure la liaison du vieux port avec le port de plaisance des Minimes.
Le passeur électrique mène en quelques minutes sur l'autre rive du chenal.
Leurs rotations fréquentes allègent beaucoup la circulation aux abords des deux tours.

Les vélos jaunes, mis gratuitement à la disposition des habitants en 1976, sont actuellement en libre-service pour les abonnés du transport public, inscrits à la RTCR, s’ils ont versé une caution de 100 €.
350 vélos sont loués à la journée ou la demi-journée mais les deux premières heures sont gratuites.
Des pistes cyclables et des arceaux de stationnement ont été aménagés pour favoriser les deux-roues.
Le tramway nouvelle génération, Citadis, est expérimenté aux Minimes.

L'agglomération a choisi des transports moins polluants.
Les bus utilisent un carburant avec 30% de Diester.
Les véhicules électriques circulent dans l’agglomération.
Les voitures Liselec sont empruntées par des abonnés en sept points de l’agglomération, 24 heures sur 24.
Autoplus loue des scooters et des autos électriques jaunes.
Un 3,5 tonnes et des utilitaires électriques, moins encombrants et non polluants, livrent les paquets et les palettes. La plate-forme de déchargement Elcidis est située en bordure du cœur historique et commercial.

La ville, initiatrice du premier secteur piétonnier français en 1970, a multiplié les zones piétonnes. La Rochelle a même organisé la première journée sans voiture, le 9 septembre 1997. Depuis quelques années, les habitants et les touristes cheminent tranquillement dans le cœur historique.

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samedi, mars 10, 2007

Les inondations de la Charente

Crue de la Charente à Taillebourg
Autrefois les gabarres transportaient sur la Charente des tonneaux d’alcool, des céréales, des pierres et du papier mais elles disparurent au XX siècle. Quelques unes ont réapparu au XXI siècle pour le tourisme fluvial.

Les Romains n’ignoraient pas les caprices de ce fleuve puisqu’ils avaient construit une voie qui tenait compte des crues du « Carantonus ».

Cette Charente qu’Henry IV nommait « le plus beau ruisseau du royaume » se rebelle ! Depuis quelques jours, les inondations obligent les automobilistes à utiliser la chaussée romaine surélevée, maintes fois remaniée entre le XII et le XX siècle.

Ses crues hivernales, parfois printanières, sont liées aux périodes pluvieuses et à la saturation des nappes phréatiques.

Elles gênent la vie des ruraux mais aussi celle des citadins. Actuellement, Cognac est plus citée pour ses eaux que pour son alcool !

« La vigilance des crues » informe sur l’évolution des inondations et des risques encourus. Le maximum est situé à Taillebourg mais la décrue est amorcée.

« En France, une commune sur trois est concernée par le risque d'inondation. Face à ce risque, dont les dégâts sont estimés en moyenne à 250 millions d’euros par an, l’Etat investit sur des études relatives aux phénomènes d’inondation (atlas et PPRIn). »

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jeudi, mars 01, 2007

Tortues marines


Les tortues marines, omnivores, se plaisent surtout dans les mers chaudes.


L’homme a longtemps ignoré comment la femelle s’oriente au cours du long périple qui la mène au lieu de ponte collective .
Une étude de Simon Benhamou, du Centre d'Écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, a élucidé le mystère : l’animal se réfère au champ magnétique terrestre.

Quand la marée et le ressac sont au plus bas, la femelle quitte la mer pour
pondre sur les plages. Elle dépose de nombreux œufs dans un trou qu’elle comble pour préserver sa progéniture. Elle regagne ensuite la mer, épuisée. Pendant quelques minutes ou quelques heures selon l’espèce, l’animal devient une proie facile.
Les nids et les
jeunes tortues disparaissent aussi à cause des oiseaux, des ratons laveurs, des crabes ou des poissons.

Certaines organisations tentent de protéger les tortues de mer.

En Guyane, la Réserve naturelle de l'Amana est un important site de ponte, qui assure la connaissance et la protection de ces reptiles.
Avec le réseau
TRAFFIC, le WWF lutte contre le commerce illégal de la chair et des œufs.

Pourtant l’homme reste le plus grand prédateur de la tortue, bien que la chasse en soit interdite. Le
massacre de ces reptiles persiste pour récupérer leur carapace, leur peau et leur viande.

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samedi, février 10, 2007

Vêtements intelligents

E-wear du défilé « Electroniquement »
d’Olivier Lapidus en 2000

Autrefois, les hommes se protégeaient avec des fourrures, des peaux.
Ils tissèrent ensuite des fibres naturelles : laine, soie, lin, coton …
Dès le XIXe siècle, ils créèrent les fibres artificielles par réaction chimique des produits naturels. Ils tissèrent la viscose, l’acétate, la rayonne, la fibranne.
Au XXe siècle, ils inventèrent des fibres synthétiques par réaction chimique : polyamide, acrylique, polyester, chlorofibre … Ces textiles solides, infroissables et d’entretien facile étaient issus du pétrole, du charbon ou du recyclage des plastiques.

Actuellement, les chercheurs étudient des « textiles intelligents » avec des matériaux intégrés qui donnent des propriétés spécifiques.

Des tissus émettent des produits.
Des micro-capsules libèrent par rupture ou à travers leur membrane une substance cosmétique ou bactéricide : un carré Hermès fut ainsi parfumé et des chaussettes chassèrent les mauvaises odeurs grâce à de microscopiques billes, bourrées d’antibactériens.

D’autres chercheurs veulent « accrocher des molécules antibactériennes directement sur un textile naturel comme le coton », explique Gilbert Boulon de l’ITECH, l’Institut textile et chimique de Lyon. Le bactéricide agit tant qu’il y a du tissu. Il avoue cependant que « le procédé n’est pas tout à fait au point ». Ce tissu intéresserait le secteur de la santé, notamment pour lutter contre les maladies nosocomiales.

Des vêtements captent des données.
Ces textiles répondent de façon intelligente et interagissent à des stimuli électriques. Ils réagissent par conduction, transmission, distribution de différentes propriétés dans ou vers l’extérieur du matériel sollicité.

Les vêtements communicants, grâce aux composants électroniques miniaturisés, intégrent la lumière, l’image et le son.
- En janvier 2000, lors de son défilé haute couture “Électroniquement ”, Olivier Lapidus a présenté des « e-tailleurs » téléphoniques, des robes sources d”images ou de son. Les composants électroniques étaient directement intégrés au tissage de la fibre.
- Le Media Laboratory du Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-Unis, développe le concept des chaussures GPS, des lunettes web-cam ...
- Des textiles intègrent l’électronique pour la surveillance des personnes : température corporelle, respiration, fréquence cardiaque … Les paramètres recueillis par des capteurs sont enregistrés par un système électronique fixé à la ceinture puis traités par ordinateur.
Ainsi le Lifeshirt de Vivometrics, qui surveille en continu l’état d’une personne, intéresse même l’armée américaine.
Isabelle Chartier, physicienne au Commissariat à l’énergie atomique de Grenoble, travaille « sur l’intégration, dans des vêtements, de capteurs comme des accéléromètres et des magnétomètres. » Ces textiles activeraient un système d’alerte lors d’une situation anormale et permettraient le maintien à domicile des personnes faiblement dépendantes.

Le tissu deviendra vraiment intelligent quand la fibre elle-même sera capteur.
Didier Dieppois, ingénieur chez Payen, tente de mettre au point le Pagatronic pour détecter le moindre mouvement. Un fil capteur, tissé avec la fibre, conduit le courant grâce à sa composition métallique. Il crée un signal mesurable puisque, du fait de son élasticité, il se déforme et modifie la circulation de l’électricité. Ce textile permettrait de mesurer les variations du volume de la cage thoracique, notamment chez les personnes qui souffrent d’insuffisance respiratoire.
Le développement de l’électronique textile est étudié dans le monde entier. Bientôt on pourra réaliser des « circuits imprimés en tissu » avec des diodes et des transistors grâce à des fibres conductrices et semi-conductrices. Un laboratoire de Berkeley, en Californie, aurait déjà pu fabriquer un fil transistor.

Les fonctions des vêtements évoluent.
Les habits protègent, séduisent, marquent l’appartenance à un sexe, à un groupe ou à une profession. Mais « les vêtements de demain seront bactéricides, communicants et serviront d’assistants médicaux. »

L’homme gardera-t-il sa part de fantaisie ?
Sûrement. Rien ne l’empêchera de confectionner des vêtements avec des aliments, des tissus carnés, du papier toilette, des cannettes

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dimanche, janvier 07, 2007

Ouvrir l'œil

J’ai joué avec l’œil de Frédéric Durieu.

J'ai aimé les photos de Sophie Thouvenin.

« Photographier c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'œil et le cœur. » disait Henri Cartier-Bresson.


Quelques symboles mythiques et religieux classiques émergent de mes souvenirs.

L'Oudjat d’Horus restaurait « la complétude et la vision de l'invisible » : Thot avait redonné au jeune dieu égyptien son « œil intact » après en avoir rassemblé les morceaux.

Si l’œil unique symbolise la condition inférieure du cyclope,
le troisième œil frontal de Shiva relève de la condition surhumaine : il correspond au feu qui réduit tout en cendres, à la connaissance spirituelle …

L' ayn, dans l’islam, signifie l’œil mais aussi la source, l’essence.
Le ma’iân possède le « mauvais œil ».


« L'œil était dans la tombe, et regardait Caïn. »
Dans « La conscience » de Victor Hugo, Dieu poursuit le jeune meurtrier, rongé par le remords.


« L'œil. En lui, il y a l'âme, il y a l'homme qui pense, l'homme qui aime, l'homme qui rit, l'homme qui souffre ! »
confiait Guy de Maupassant.
Si toiser était une provocation chez les
Caraïbes, par contre pour les Bambaras « la vue, c’est le désir ; l’œil est l’envie. »

Le regard implique de toute façon une relation : coercition, dérobade, rébellion, fascination, séduction …

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samedi, décembre 16, 2006

Epilogue de l’affaire Seznec

Mon billet du 7 octobre mettait en parallèle le développement des médias et l’évolution de l’affaire Seznec, l'une des plus importantes énigmes judiciaires du XXe siècle.

Le 4 novembre 1924, la cour d'assises du Finistère avait condamné Guillaume Seznec aux travaux forcés à perpétuité pour le meurtre de son ami Pierre Quémeneur. Le corps n'avait jamais été retrouvé.
Pendant plus de 80 ans, le cercle familial s’était investi pour la réhabilitation de Guillaume.
Le petit-fils, Denis Le Her-Seznec, avait repris le combat.

Pendant toute mon existence, j’ai entendu les demandes touchantes de cette famille. Cette affaire avait marqué mon enfance et les médias m’avaient convaincue, au fil du temps, de l’innocence du condamné.

Le 14 novembre 2006, la Cour de révision a rejeté toute réhabilitation de Guillaume Seznec : la justice refuse de "décharger la mémoire des morts », selon l'expression du code. Denis Le Her-Seznec va donc se tourner vers la justice européenne.

Je ne fus pas surprise de cette décision judiciaire. J’avais consulté pas mal de documents pour rédiger mon premier post et, peu à peu, mes certitudes avaient vacillé … Les deux derniers coms de
mon billet prouvaient que l’affaire Seznec alimentait toujours les fonds de commerce des éditions.
Le «
breizhoo » relate bien la querelle des auteurs et des clans.

« Cette affaire est intéressante parce ce qu’elle montre la façon dont on peut manipuler une opinion publique par une campagne médiatique bien orchestrée. »

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samedi, octobre 07, 2006

Justice et médias

Tizel a parlé dernièrement de l’affaire Marie Besnard, « l'un des plus grands mystères judiciaires du XX siècle. ». Le dossier Seznec a également marqué la chronique judiciaire française depuis 1923.

Au petit matin du 25 mai 1923, deux hommes quittèrent Rennes dans une Cadillac pour la vendre à un intermédiaire, à Paris. Le trafic des vehicules était fréquent après la Première Guerre mondiale.
Le conseiller général du Finistère,
Pierre Quéméneur , allait aussi recevoir à Paris un chèque de 60 000 francs que son beau-frère, Maître Pouliquen, avait envoyé pour payer partiellement une dette. Le riche marchand de bois disparut mystérieusement au cours du voyage.
Son compagnon, Guillaume Seznec, expliqua que, suite à une panne de voiture, il avait déposé, en gare d'Houdan, son ami qui voulait poursuivre son voyage. Ce maître de scierie, âgé de 45 ans, fut alors suspecté et arrêté.
Le mobile évoqué était le vol : les sommes et le chèque de Quémeneur devaient permettre à Seznec d’acheter une propriété bretonne.
Un dossier raconte fort bien l’affaire.

En 1924, la justice condamna Seznec aux travaux forcés à perpétuité malgré l'absence de preuves. De plus le corps de la victime ne fut jamais retrouvé.
L'avocat général affirma en 1924 :
« Si le mobile du crime apparaît clairement, par contre, les conditions d'exécution n'ont pu être précisées. »
La presse révéla le drame, relata l’enquête et annonça le verdict. Les journaux commentèrent la culpabilité évidente de Seznec et n’ébruitèrent pas les activités illégales du conseiller général enrichi pendant la guerre.

En 1927, Seznec fut incarcéré dans le Camp de la Transportation de Saint-Laurent-du-Maroni puis transféré en 1928 au bagne des Iles du Salut, en Guyane Française.
En 1947, le général de Gaulle lui accorda sa grâce.
Le prisonnier rentra en métropole l’année suivante et voulut sa réhabilitation. En 1953, à Paris, il fut renversé par une camionnette qui prit la fuite. Il mourut le 13 février 1954 des suites de ses blessures.
Les actualités cinématographiques retracèrent l'affaire Seznec (vidéodu haut) Alors que la justice maintenait sa culpabilité, l’homme clamait son innocence.


Pendant plusieurs années, les descendants, notamment son petit-fils Denis Seznec, avaient combattu pour réhabiliter l’accusé qui avait toujours clamé son innocence. Leur lutte avait reçu le soutien de nombreuses personnalités.
En 2001, Marylise Lebranchu, Garde des sceaux, demanda une nouvelle révision de l’affaire.
En 2005, la commission de révision des condamnations pénales autorisa la réouverture du dossier.
Aucun procès ne pouvait être envisagé à cause du décès de Guillaume Seznec.
La télévision permit souvent aux proches de Seznec de s’exprimer pour mener leur lutte. Avec la presse, elle annonça la réouverture.


Les 5 et 6 octobre 2006, le dossier fut examiné.
L’avocat général, Jean-Yves Launay, requit le bénéfice du doute au profit de G. Seznec .
Le président de la Cour, Bruno Cotte, précisa que les héritiers de P. Quémeneur ne seraient ni présents ni représentés lors de l’audience.
Le conseiller rapporteur, Jean-Louis Castagnède, rappela les grandes phases du dossier et les diverses requêtes en révision. Il écarta aussi tout complot policier.
L'avocat général,
Jean-Yves Launay, plaida pour l’annulation de la condamnation de Guillaume Seznec.
« Sans remettre en cause le principe de l'autorité de la chose jugée, il est tout aussi nécessaire que l'institution judiciaire accepte de se remettre en cause lorsqu'elle s'est trompée » a-t-il déclaré.
Selon lui, la condamnation de Seznec a pu couvrir un scandale lié à un trafic de Cadillac qui impliquait des personnalités de l’époque. L'inspecteur de police Pierre Bonny, chargé de l’enquête, aurait pu fabriquer des faux pour couvrir ces personnes. Son comportement dans l'affaire Stavisky et dans la Gestapo avait confirmé son manque de scrupules.
L'avocat général pense que c’est «
l'une des hypothèses possibles mais surtout l'une des plus vraisemblables ».
Puis les avocats de Denis Seznec, Yves Baudelot et Jean-Denis Bredin, plaidèrent
Le 14 décembre 2006, la chambre de révision précisera si la condamnation de 1924 sera annulée.
Une trentaine de journalistes assistèrent à l'audience de la Cour.
Internet a complété les informations de la presse écrite et de la télévision : la presse et la télévision numériques, les documents d’époque proposés par l’INA et les commentaires des blogs ont permis aux internautes se mieux se renseigner.

Si les médias peuvent interférer sur l’affaire, comme dans l’affaire de Grégory Villemin, les médias restent aussi à l’affût des dérapages de la justice.
Les médias sont devenus « un enjeu majeur dans le processus judiciaire ». Il existe une interaction entre la presse, la radio, la télévision et Internet.
Une jeune magistrate vitupérait :
« Les reporters sont des requins, assoiffés par l’odeur et le goût du sang. Ils bousculent tout sur leur passage. Et ils repartent sans se soucier du mal qu’ils ont fait en laissant parfois derrière eux des juges détruits.
»

"Sans remettre en cause le principe de l'autorité de la chose jugée, il est tout aussi nécessaire que l'institution judiciaire accepte de se remettre en cause lorsqu'elle s'est trompée."

Je n’oublie pas cette phrase de l'avocat général. Je constate que la justice française commence à se poser la question. L’affaire d’Outreau l’a aussi récemment contrainte à le faire.

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vendredi, septembre 29, 2006

Indigènes et pensions alignées

Le film « Indigènes » raconte la participation des tirailleurs nord-africains pour libérer la France en 1944.

Rachid Bouchareb et Jean Bréhat (3B Production), ont galéré pour aligner les fonds et le réaliser.
« On a emmerdé la terre entière ! » confia J. Bréhat.
Les acteurs, des patrons, des hommes politiques et des collectivités s’impliquèrent. Le roi du Maroc Mohammed VI mit même à disposition la région de Ouarzazate, 500 soldats, des avions et des bateaux.
Le 28 mai, le Festival de Cannes décerna le prix d'interprétation masculine à titre collectif à Sami Bouajila, Samy Naceri, Bernard Blancan, Jamel Debbouze et Roschdy Zem.
Le succès médiatique était amorcé !


Les tirailleurs africains et maghrébins réclamaient depuis longtemps l’alignement des pensions.
La loi de cristallisation de 1959 avait gelé ces pensions sous le gouvernement de Charles De Gaulle.
L’ancien combattant originaire des colonies d'Afrique ou d'Asie a une somme dix à vingt fois plus faible que celle d’un Français. Il perçoit 66 à 150 euros par trimestre.
Le colonel Issa Ongoïba, président de l'Association des anciens combattants du Mali, expliqua : « Nous avons combattu au coude à coude avec les Français, et aujourd'hui nous n'avons pas le même traitement qu'eux ... Les balles ennemies ne choisissaient pas les corps des Blancs ou des Noirs. »

En 1996, Amadou Diop avait porté plainte contre l'État français car il ne percevait qu'un tiers de la retraite d’un vétéran Français. Cet ancien sergent-chef sénégalais, engagé dans l'armée française de 1937 à 1959, avait été radié au moment de l'indépendance du Sénégal.

En 2001, le Conseil d'Etat avait aligné le gouvernement français pour discrimination fondée sur la nationalité et donc violation de la Convention européenne des droits de l'Homme.
Il donna raison à Amadou Diop, à titre posthume. Il jugea qu'un « ancien combattant de l'ex-Empire colonial français devait bénéficier des mêmes droits qu'un citoyen français en matière de pension militaire. »

L' arrêt du Conseil d'État imposa la révision de la loi de cristallisation. Jacques Chirac était alors chef de l’Etat. Pendant cinq ans, le gouvernement français fut réticent : les pensions furent seulement revalorisées en fonction du niveau de vie du pays d'origine des anciens tirailleurs.

Le 5 septembre 2006, la Fondation Georges-Pompidou projeta le film aux grands patrons et aux politiques, en présence de Jacques Chirac. Ce jour-là, le chef de l’Elysée promit de soutenir « l'appel pour l'égalité des droits entre combattants français et étrangers ».
Il a déclaré dernièrement en conseil des ministres : « Nous le devions à ces hommes, qui ont payé le prix du sang, et à leurs enfants et petits-enfants dont beaucoup sont Français. » Hamlaoui Mékachéra, le ministre délégué aux Anciens combattants, a confirmé : « Il n'y aura plus de différence dans ces deux prestations, que sont la retraite des combattants et la pension d'invalidité, entre les ressortissants de ces pays et les nationaux français. »
84 000 anciens combattants de l'ex-Empire colonial français pourront bénéficier de cette revalorisation.

Alors pourquoi le Président a-t-il attendu tant d’années pour prendre cette décision ?
Les journaux décrivent l’émotion du chef de l’Etat après la projection et nous content des belles histoires ...
En fait les présidentielles se profilent à l’horizon 2007 et les promesses des politiques engrangent les voix !

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jeudi, septembre 21, 2006

Image des Etats-Unis

Les milieux d’affaires américains s’interrogent sur l'image négative des Etats-Unis.

Des sondages avaient analysé la manière dont divers pays percevaient les Etats-Unis.

Une étude fut réalisée au printemps 2006. Les adolescents de treize pays citèrent leurs marques préférées : Sony, Adidas et Nokia. Ils excluaient les marques américaines.
Les jeunes souhaitaient habiter ou visiter l'Australie, le Royaume-Uni et le Canada. Les Etats-Unis n’étaient plus en tête de liste
.

L’association Business for Diplomatic Action, soutenue par des grandes entreprises américaines comme Microsoft, tente d’améliorer l'image des Etats-Unis dans le monde.

Selon Keith Reinhard, président de BDA, l'antiaméricanisme est lié en partie à la politique : « Cela fait plus de vingt ans qu'il se développe. A la chute du communisme, les États-Unis sont devenus la seule super-puissance, motif de ressentiment et d'envie. Les Américains ont mené le mouvement contesté de la globalisation. L'Irak et Abou Ghraïb ont mis le feu à ces sentiments anti-américains. »

« Il y a un refroidissement envers la culture populaire américaine. De plus en plus de gens se tournent vers la culture locale. » affirme Thomas Miller, le vice-président de BDA.

Keith Reinhard croit plus à l'action du monde des affaires.
Il rappelle que "
les sociétés américaines devraient faire attention à la réputation des Etats-Unis dans le monde puisque tôt ou tard, l'antiaméricanisme deviendra mauvais pour les affaires. »

En 2005, la BDA a produit le "Guide du citoyen du monde ». Ce petit livret prodigue des conseils pratiques pour modifier les comportements des cadres américains habitués aux voyages et donc améliorer leur image à l’étranger.

Keith Reinhard mise aussi sur les universités, qui échappent à l’antiaméricanisme.
« Ce n'est pas lié à un individu. Il s'agit de la force que nous avons en tant que nation pour apporter le progrès là où nous le pouvons. »
Il se reprend :
« Apporter le progrès dans le sens voulu par le récipiendaire, bien sûr. »

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dimanche, septembre 10, 2006

Couleurs, en noires et blanches

Serge Gainsbourg fredonne sensuellement
« Que j'aime ta couleur café » et Guy Béart chante « Couleurs » avec passion.

La génétique a révélé le mystère
« Le changement d'un seul acide aminé dans un gène joue un rôle majeur dans la pigmentation et explique pourquoi les Européens ont une peau plus claire que celle des Africains » précise le chercheur Keith Cheng.
Le slc24a5 intervient sur la production de la mélanine, pigment naturel qui, selon sa concentration, fonce plus ou moins l’épiderme.

Selon la communauté scientifique, la couleur de la peau ne justifie pas un concept de la race car elle ne correspond qu'à une part infime de notre patrimoine génétique. Des êtres d'une même ethnie peuvent avoir plus de différences que des individus de couleurs différentes.
La théorie des races humaines, qui généra tant de larmes et tant de guerres, est donc
« subjective et arbitraire » !

Les Homo sapiens forment une seule et même espèce !

Et pourtant que de noires et de blanches, le « slc24a5 » a inspirées !
Claude Nougaro dit « la vie, quelle histoire !
C'est pas très marrant
Qu'on l'écrive blanc sur noir
Ou bien noir sur blanc
On voit surtout du rouge, du rouge
Sang, sang, sans trêve ni repos
Qu'on soit, ma foi
Noir ou blanc de peau »

Lily constate, qu’au pays de Voltaire et d'Hugo, il faut deux noires pour une blanche. En quelques notes, Pierre Perret rappelle que cela fait « un sacré distinguo » !
« Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous. »

Zebda réplique à celui qui décrie « Le bruit et l’odeur » qu'il « n’abdique pas » devant l’inégalité et les propos racistes.
« L'égalité mes frères
N'existe que dans les rêves
Mais je n'abdique pas pour autant »

Le bruit et l'odeur
Le bruit et l'odeur
Le bruit du marteau-piqueur

Qui a construit cette route ?
Qui a bâti cette ville ?
Et qui l'habite pas ?
A ceux qui se plaignent du bruit
A ceux qui condamnent l'odeur
Je me présente. »

Et puisque ce concept de race n’est que chanson, pourquoi évincer l’autre et ses différences ?

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samedi, septembre 02, 2006

Pape et évolution des espèces

Charles Darwin a décrit la sélection naturelle dans son ouvrage "Origine des espèces", en 1859 mais la théorie de l’évolution reste l’objet de controverses politiques et religieuses.

- En 1950, dans son Encyclique Humani generis, Pie XII affirma que c’était « une hypothèse sérieuse, digne d’une investigation et d’une réflexion approfondie ».

- En 1996, dans son Message à l’Académie pontificale des Sciences, Jean-Paul II déclara que « les théories de Darwin étaient plus qu'une hypothèse". L'Eglise catholique a considéré que le darwinisme n'était pas incompatible avec les enseignements catholiques, tout en exprimant quelques réserves.

Les "créationnistes" s’en tiennent à une lecture fondamentaliste de la Genèse et déclarent que le monde a été créé par Dieu.
Depuis les années 1990, le « dessein intelligent » explique que la succession des espèces serait organisée par une "intelligence" supérieure. Particulièrement actifs aux Etats-Unis, ses défenseurs cherchent à imposer la théorie dans les manuels scolaires.
Le cardinal de Vienne Christoph Schönborn relança le débat, l’an passé, dans un article du New York Times, qui soutenait l'enseignement de la théorie du "dessein intelligent" dans les écoles américaines. Le père George Coyne (directeur de l'Observatoire du Vatican) le contesta et fut remplacé sans explications le 19 août dernier.

Du 1er au 3 septembre prochain, une quarantaine de philosophes, de scientifiques et de théologiens « élèves de Ratzinger » ont débattu à huit clos sur « la création et l'évolution des espèces » dans la résidence d'été du pape Benoît XVI. Le pape a voulu visiblement franchir un cap en organisant le débat sur ce thème.

Je suis athée mais pas murée dans l’anticléricalisme.
Que l’Eglise s’interroge, cela ne me gêne pas.
Que l’Eglise influe sur les programmes scolaires de la jeunesse, c’est vraiment inadmissible !

Les biologistes Richard Dawkins et Richard Lewontin, ainsi que le codécouvreur de la structure de l’ADN, James Watson avaient écrit Le cours de science n’est pas l’endroit indiqué pour enseigner aux étudiants comment rendre compatibles la science et la religion.”

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dimanche, août 27, 2006

L’argent de poche en Europe

Les jeunes reçoivent souvent des sommes pour Noël, les anniversaires, les services rendus ou pour récompenser un bon carnet scolaire. Certains disposent d’un argent de poche mensuel pour apprendre à gérer un budget.

En France, un sondage du CSA fut réalisé en août 2006 pour le compte de LCL (ex-Crédit lyonnais) auprès de 501 parents et de 502 enfants de 7 à 15 ans.
Cette banque peut s’intéresser aux montants et aux usages de l’argent de poche puisque Jean-Daniel Lévy, responsable de l'étude chez CSA, évalue l'enveloppe globale de ces sommes à deux milliards d'euros !

Le montant varie selon les âges :
- 12 € par mois entre 7 et 10 ans
- 16 € entre 11 et 13 ans
- 30 € entre 14 et 15 ans.

La moitié des jeunes disposent en moyenne de 23 € d’argent de poche chaque mois. Les enfants uniques reçoivent une somme plus élevée.
En 2006, les Français appliquent encore les vieux schémas : ils donnent 28 € aux garçons et 16 € aux filles !

Les jeunes thésaurisent souvent en vue d'un achat important. Les garçons optent pour les jeux vidéo, les lecteurs mp3 et les téléphones portables alors que les dépenses des filles s’orientent davantage vers les vêtements et les chaussures.

74% des mères surveillent les achats de leur enfant alors que 54% des hommes s’en préoccupent. Seuls 7% des enfants estiment que leurs parents les contrôlent trop.

Les deux tiers n'en parlent pas dans la cour de récréation. Selon les auteurs de l'étude, ce silence correspondrait à une absence de revendication et non à un tabou.


Qu’en est-il dans les autres pays d'Europe ?
Le sujet a été abordé dans l’étude Ipsos qui ciblait « l’influence des enfants sur le budget familial », en avril 2003.


Les jeunes Européens touchaient en moyenne 31 euros mais le montant variait :
selon l’âge
- 27 € pour les 11-14 ans
- 47 € pour les 15-17 ans
- 62 € pour les 18-20 ans.
selon les pays
- 59 € chez les Portugais

- 42 € chez les Italiens
- 34 € chez les Allemands et les Belges
- 22 € chez les Français (pratiquement le même montant qu’en 2006).

En France et dans les pays latins, selon l’étude, l’argent de poche est réduit ou discontinu car les parents effectuent les achats pour leur progéniture qu'ils pouponnent davantage.

Les pays du Nord et notamment les Allemands
, pensent que l’autonomie passe par la gestion d’un budget : 80 % des jeunes perçoivent une somme fixe et régulière.

Curieusement, d’après les sondages, le niveau de vie des parents influe peu sur l’argent de poche.
Le nombre des enfants intervient peu sauf si la famille n'en a qu'un.
Ces constatations égratignent certains clichés !

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lundi, juillet 31, 2006

Les vacances des Français

Les Vacances, selon l'OMT ou l'Organisation Mondiale du Tourisme, correspondent au déplacement d'agrément d'au moins quatre nuits consécutives hors du domicile.
Selon l’INSEE, la durée moyenne des vacances des métropolitains atteint 17 jours.

64,5 % des Français sont partis en vacances en 2004. Pratiquement la moitié d’entre eux se sont offert un seul séjour. Une étude comparative confirme une hausse des départs, après la pause des années 90.
Graphique 1

Quand partent-ils ?
- 59 % des vacanciers quittent leur domicile pendant la période estivale (entre mai et septembre selon l’OMT).
- 27 % optent pour la période hivernale (d’octobre à avril selon l’OMT). 9 % pratiquent les sports d’hiver.
Pendant la saison froide, les destinations ensoleillées hors de nos frontières sont devenues plus attractives.
- 27 % partent en vacances l'été et l'hiver.

Graphique 2

Où vont-ils ?
Les Français rejoignent majoritairement leur résidence secondaire, le domicile des parents ou celui des amis.
D’autres choisissent les hôtels ou les locations
.
Graphique 3

Ils séjournent hors de la métropole généralement pendant 2 semaines : Espagne, France d’Outre-mer, Italie, Maroc, Caraïbes, Allemagne, Royaume-Uni, Tunisie ...
Graphique 4

Qui part en vacances ?
- Les vacances restent le privilège des enfants de 5 à 15 ans et des jeunes adultes de 25 à 29 ans.
- Les Franciliens, les habitants de l’Ouest et ceux du Centre-Est partent en masse et plus longtemps.
- Les propriétaires d’une résidence secondaire ou d’un mobile home sont davantage incités à y séjourner.
Graphique 5
Graphique 6

Quel budget est consacré aux vacances ?
Un billet récent de Scheiro répond à cette question.

Qui ne part pas en vacances ?
21 millions de personnes soit le tiers des métropolitains !
Les raisons invoquées sont le manque d'argent (37 %), puis le choix délibéré (20 %), les raisons de santé (15 %), les raisons professionnelles ou les études (10 %).

Le nombre des départs diminue aussi pour les retraités de plus 70 ans, les ruraux isolés, les chômeurs, les habitants du Nord-Pas de Calais et des littoraux, les propriétaires d’un animal ou d’un jardin.
Graphique 7

Visiteur, où « rêves-tu » d’aller en vacances ? Pourquoi ?
Que penses-tu de l’étude menée par l’INSEE ?

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samedi, juillet 15, 2006

Les Caméléons de France 2


Les Caméléons » sont en voie de disparition !
Vous le regrettez ? Moi pas !


Extra Box, une filiale d'Endemol, a tourné une série télé–réalité qui immergeait six candidats dans la vie tribale des peuples autochtones d’Afrique, d’Asie et d’Océanie.

Cette série, programmée pour septembre sur France 2, devait s’appeler « Les caméléons » ou « Au bout du monde » ... Elle reprenait un concept testé dans d’autres pays. La chaîne privée belge VTM avait même eu le mauvais goût d’appeler son émission « Toast Kanibaal » ...

Des ethnologues et des documentaristes avaient manifesté leur colère.

La FIDH (Fédération internationale des droits de l'homme) et la LDH (Ligue des droits de l'homme) avaient adressé une lettre à France 2 et au CSA :

« Nous dénonçons la revendication par le directeur de la chaîne de la qualité de documentaire ... Nous attendons de France 2 qu’elle renonce à ce projet qui relève de la même idéologie que les zoos humains dans lesquels on exhibait les peuples colonisés. »

L’Icra International ou Commission internationale pour le droit des peuples indigènes avait dénoncé cette série. Des pétitions avaient réuni près de 18.000 signatures et courriers contre ces émissions.

Les tournages se poursuivent chez les Hadzabés de Tanzanie et chez les Mentawaï d’Indonésie.

« France Télévision » a dû renoncer à sa programmation devant l’indignation suscitée par le projet. Son président Patrick de Carolis aurait dû refuser dès le début ce type d’émission qui peut porter atteinte à la dignité de ces peuples !


Et toi, visiteur, qu’en penses-tu ?

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