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dimanche, avril 08, 2007

Début du tourisme balnéaire rochelais










Avant hier, je me promenais le long du Mail, une des plus belles promenades de La Rochelle. Ce long boulingrin de 800 m, bordé d’arbres et de demeures anciennes, part de la plage de la Concurrence et longe le casino.

En 1828, cette maison de jeux n’existait pas. En ce lieu, «les Bains de Marie-Thérèse», premier établissement de bains rochelais, développaient le tourisme balnéaire des classes aisées avides d’embruns iodés.

Bains de Marie-Thérèse

Puis en 1850, la ville aménagea à côté une plage publique où les bains "Louise" et "Barreau" installèrent leurs cabines.
Près de cette « plage de la Concurrence », le café municipal « la Pergola » restaura par la suite les promeneurs moins fortunés.

Dès 1896, les actionnaires cédèrent les bains privés au parisien M. Chasseboeuf qui éleva un hôtel avec parc pour satisfaire sa clientèle. Comme le jeu de petits chevaux à tableaux venait d'être autorisé, il monta un cercle de jeu qui excluait les jeux de hasard à l'exception du baccara.

En 1901, les Bains du Mail

En 1901, les Bains du Mail furent rachetés par la ville pour 180 000 F et devinrent le casino municipal. Une salle de théâtre et un pavillon de bains de mer chauds s’y ajoutèrent dès 1907. Quatre ans plus tard, le whist, le bridge, le besigul et le piquet furent mis en vigueur.
Pendant la Première Guerre mondiale, le casino fut fermé puis réquisitionné par l'armée américaine pour abriter les rendez-vous galants de ses officiers.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande le transforma en hôpital militaire. Un tunnel permettait même de transférer les malades vers le blockhaus du parc du Mail, en cas d'alerte. Quand la paix revint, le casino reprit ses anciennes fonctions.

Après la guerre, la plage de la Concurrence ne nuisait pas à sa clientèle malgré la proximité mais les égouts de la ville se déversaient non loin.

La plage de la Concurrence en 1910 puis en 1955








Bernard Giraudeau s’y baigna maintes fois : « J'ai passé toute mon enfance sur cette plage délicieuse et désuète qui se trouve au-delà de la tour de la Lanterne. C'est sur ce sable, encadré par une énorme digue et par la promenade de la Concurrence que je regardais passer les bateaux du port. Elle est souvent bondée, c'est là que les gens viennent paresser entre midi et 2 heures. »
La Pergola, rehaussée d’un étage, fut ensuite détruite.

Actuellement, la nouvelle construction abrite une brasserie et le célèbre restaurant de Richard Coutanceau.
Comme autrefois, les classes sociales se côtoient dans ces lieux mais ne se mélangent guère.

La plage de la Concurrence en 2007

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mercredi, août 02, 2006

L'arbre des morts

Deux ans avant son décès, mon père baissa les yeux et me confia le secret de famille qui avait marqué son enfance ...

J’imaginai alors tous ces couples qui s’étaient rencontrés, caressés et aimés pour que je puisse voir le jour.

L’été dernier, je décidai de partir à leur rencontre. Comme mes grands-parents n’étaient vivants que dans mes souvenirs, je feuilletai tous les papiers officiels pour collecter d’autres informations ...

En fait, je voulais grimper sur l’arbre ... l’arbre des morts !
Hélas, je m’accrochais sans cesse à des branches cassées.

Comme je suis tenace, je fis tourner les moteurs de recherche, avec la même frénésie qu’une roulette de jeu ... Une heure plus tard, grâce à un recensement numérisé, je mis le pied dans l’appartement de mon grand-père, dans le Nord. Sa mère, une jeune veuve, protégeait son fils adolescent et ses autres enfants.

Les heures et les jours s’écoulèrent … Une force irrésistible me poussait à persévérer : je voulais réunir tous mes aïeux ! Les informations s’accumulaient. Je consultais
Geneanet, le site des nostalgiques de leurs racines et, là, je rencontrais de nombreux morts. J’ignorais s’il s’agissait des miens car certaines branches n’apparaissaient pas.

Un soir, une armada de noms apparut sur mon écran. En bas, je découvris celui de mon père. Je fis alors la connaissance de tous ces couples qui s’étaient unis pour engendrer la vie et me donner le flambeau.

Je découvris 506 années d’amours liant plusieurs catégories sociales, des professions tournées souvent vers l’orfèvrerie et l’horlogerie. Je souris ... moi qui détestais les montres et les horloges ! J’avais une pensée émue pour Jérémie, Blaise et André, condamnés à l’exil à cause de leur « religion prétendue réformée ». Quelle déception s’il savaient que leur descendante est profondément athée !

Et ce secret dont j’étais dépositaire ... il était là, inscrit sur l’écran pour le lecteur averti ! Quelqu’un le connaissait ... la cousine perdue de vue, qui avait construit patiemment cet arbre généalogique.

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mercredi, juillet 12, 2006

Justice d'hier et d'aujourd'hui








Le centre de détention de Saint-Martin de Ré fut évoqué dans mon dernier billet. Un commentaire de Scheiro réclama plus d’informations sur ce pénitencier.

Dans le passé, la justice enserrait dans ses mailles les individus qui enfreignaient les lois.
- Dès 1685, les premiers captifs de la citadelle de Vauban furent les protestants qui refusaient d’abjurer leur religion après la Révocation de l'Edit de Nantes.
- Dès lors, la forteresse servit surtout de prison politique. Des royalistes, des jacobins, des girondins, des conscrits réfractaires, des républicains, des napoléoniens et même des communards se morfondirent dans ses cachots humides. Ils laissèrent des inscriptions gravées sur ses murs épais.
Les détenus souffraient souvent de tuberculose et de maladies vénériennes. Dans les ateliers, ils devaient fabriquer des émouchettes pour les chevaux de l'armée, des sacs en papier ou en toile, de l’étoupe, des camails, des chaussons ...
- Au début du Second Empire, les bagnards furent envoyés dans des colonies.
Après 1873, ils embarquaient à Saint-Martin de Ré pour être incarcérés en Guyane. Quelques-uns partaient pour la Nouvelle-Calédonie.
- Les transportés, condamnés en assises à moins de huit ans de prison, subissaient le " doublage " : leur incarcération et leur exil dans la colonie avaient la même durée. Les condamnés restaient définitivement dans la colonie si leur peine était plus lourde.
- Les relégués ou récidivistes devaient aussi finir leurs jours en Guyane. Ils avaient souvent commis des délits mineurs : vol, escroquerie, vagabondage ou mendicité.
- Les déportés politiques étaient sanctionnés pour complot, espionnage, trahison, désertion ou faux-monnayage. Dreyfus, les compagnons de Bonnot, Duez, Seznec séjournèrent à Saint-Martin de Ré avant de partir au bagne.
- Après la Seconde Guerre mondiale, la prison posséda des intérieurs de type coursive et des cellules étroites. Actuellement les détenus font de la confection et des filets dans l’atelier.

Visiblement les mailles du filet de la justice actuelle ne semblent pas les mêmes pour tous les citoyens !
Elles sont bien « lâches » pour les personnes impliquées dans le scandale des HLM de Paris des années 1980-90.
Jacques Chirac, maire de Paris de 1977 à 1995, avait été inquiet et même « inquiété » : la justice pensait que les sommes versées par les entreprises à l'office HLM de Paris (OPAC) avaient servi au financement occulte du RPR, devenu depuis l'UMP.
Et bien la justice fonctionne parfois « bizarrement » !
- Les hommes politiques échappèrent au prétoire grâce aux vices de forme et aux annulations de procédure. Robert Pandraud, Jean Tiberi, Michel Roussin peuvent dormir tranquilles !
- Les chefs d'entreprise, les intermédiaires et les responsables des HLM de Paris, impliqués dans le réseau de corruption, ne reçurent que des peines de « voleurs de pommes » : amendes ou peines de prison avec sursis …
"Le tribunal a tenu à ne pas faire peser la responsabilité pénale trop lourdement sur ceux qui comparaissaient et a tenu compte d'un certain nombre d'absences et du temps écoulé" affirme Jean-Marc Fedida, l’avocat de François Ciolina.
"L'usure du temps a passé et la tentation est évidemment de tourner la page" ajoute-t-il !

Finalement, de nos jours, les détournements de millions ne mènent plus au bagne mais au pouvoir !

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dimanche, juillet 09, 2006

Ré, la Blanche




Tout comme Evret, j’aime le 17, la Charente-Maritime.

Venez faire une escale sur nos trois îles !

L’île de Ré, la plus connue, fut chantée par C. Nougaro.
Ch. Aznavour rendit célèbre le petit bois de Trousse-Chemise ...

« L’Ile Blanche » s’étire sur 32 km et groupe une dizaine de communes sur trois îlots calcaires soudés : Ré, Loix et Ars.


Des roses trémières se dressent fièrement devant les maisons claires aux volets bleus ou verts.

Le nord a conservé ses activités maritimes.

Le phare des Baleines, haut de 55 mètres, surplombe la Conche des Baleines où les cétacés seraient venus s'échouer.

Entre les Portes et Loix, s’étalent 1500 hectares de marais : les sauniers y pratiquent la saliculture sur 350 hectares. Le sel alimentait, autrefois, le territoire français et faisait l’objet d’un commerce florissant avec l’Europe du nord. Les Rétais utilisaient des ânes en culotte pour porter la récolte de sel ou de varech.

Les habitants pratiquent encore l’ostréiculture et la pêche.

Saint-Martin-de-Ré, ville principale de l’île, est une ancienne place militaire. Elle fut fortifiée par Vauban au XVIIe pour protéger La Rochelle et Rochefort de l'invasion anglaise.
Les forçats étaient rassemblés dans la citadelle avant leur départ pour le bagne de Cayenne, en Guyane.
Le port actif commerçait avec le Canada et les Antilles.

Actuellement le vent joue dans les vestiges de l'abbaye cistercienne des Châteliers construite au XII siècle et ruinée en 1623.

À l'intérieur de l'île, on cultive des pommes de terre, des asperges et de la vigne. Les villages vendent des vins charentais et du Pineau.

Sur la côte sud, le clocher d’Ars, peint en noir et en blanc, sert aussi de repère aux marins.
Les dunes, battues par les flots, plaisent aux baigneurs.

L’île abrite des résidences d’écrivains, d’acteurs, de chanteurs, d’hommes politiques …
Ce lieu de villégiature à la mode est devenu assez cher et les autochtones y sont de moins en moins nombreux. Un pont relie Ré au continent mais l’île n’a pas perdu son charme.

Questions à 2 balles ...

- Visiteur, sais-tu pourquoi les ânes portaient la culotte à carreaux pour transporter le sel ou le varech ?

- Les Rétaises portaient une "quichenotte". Peux-tu expliquer ce que c'était et l'étymologie du mot ?

- Quel film de guerre fut tourné sur les plages de la Conche des Baleines et de Sablanceaux ?

Et une question à 10 balles pour les plus forts ! lol

- Quel outil permettait de ramasser le goémon ? Comment se nommait-il ?

Voici une question à 100 balles pour Christelle, visiblement très à l'aise pour les énigmes !!!

- Comment les Rétais appelaient-ils le varech ?

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